Pomme de pain (Courtabœuf) : socialement engagé !

27 Avr 2014 Entreprise

Créée en 2012 dans la ferme de Courtabœuf, cette sandwicherie-saladerie a fait son trou malgré la crise. Sa recette : du pain cuit sur place, des produits de qualité, des compositions au choix et un personnel vraiment à la hauteur… dont deux travailleurs handicapés !

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Pour Pascal Lardy et son épouse Aurélie, l’aventure entrepreneuriale se conjugue avec un s : celui de social. Dès l’ouverture de sa franchise Pomme de pain sur le site historique du parc Courtabœuf – un massif corps de ferme en pierres de meulière – ce couple avait prévu de se développer d’une manière solidaire. Aujourd’hui, c’est chose en partie faite. Sur ses quatre salariés, deux ont le statut de travailleurs handicapés et les deux autres sont des jeunes de moins de trente ans dont l’un trouve chez lui de quoi compléter ses temps partiels et atteindre ainsi le plein emploi. « Pour moi, c’est normal de penser à ceux qui sont les plus en difficulté aujourd’hui dans notre société, explique-t-il. D’ailleurs, pour être franc ce n’est pas complétement désintéressé car dans la pratique on s’aperçoit que ce sont des salariés plus fiables et plus performants que la moyenne. Et pour mon prochain recrutement, j’espère pouvoir trouver un senior. Ils possèdent souvent beaucoup d’expérience et de compétences : c’est vraiment idiot de les laisser si tôt au bord du chemin. »

« Si on peut faire du social, pourquoi ne pas essayer ! »

« Si on peut faire du social, pourquoi ne pas essayer ! », lance le restaurateur en reconnaissant pour autant que la démarche n’est pas forcément facile. « J’ai mis beaucoup de temps à trouver les bonnes personnes car je n’ai trouvé aucune aide de la part des organismes spécialisés comme Pôle Emploi et autres. Pour tout dire, c’est grâce au hasard que j’ai trouvé l’un de mes deux salariés ‘’travailleur handicapé’’ », détaille-t-il. Bon gestionnaire altruiste, les attentions du restaurateur ne se limitent pas pour autant à ses semblables et s’étendent à l’environnement, mais avec la même philosophie utilitaro-humaniste. « Nous faisons des livraisons quotidiennes. C’est un volet important de mon activité qui représente environ 50% du CA, entre les livraisons petits déjeuners, plateaux repas et menus sandwichs livrés aux entreprises ou leurs employés sur un secteur de 10km. Pour les faire, j’aimerais bien pouvoir utiliser une voiture électrique. Economiquement c’est intéressant et ça permet de ne pas polluer l’air : le jeu en vaut la chandelle ! » La pratique de ce restaurateur est peut être celle d’un précurseur : il est possible que demain l’engagement social et environnemental des commerçants sera, avec la qualité, un critère déterminant pour les consommateurs devenus ''consommacteurs'' !

Pierre Talbot